89è en 2024, le Bénin passe au 92ème rang du classement Reporter Sans frontières 2025. Pour Pesce Hounyo, ce classement n’est toutefois pas synonyme d’une absence au sens strict de liberté de la presse au Bénin. La menace est permanente souligne t-elle mais ne découle pas que de la censure qu’exerce le pouvoir en place.
Interrogé par un média local, la Manager de Reporter bénin Monde devenu Reporter Medias Monde suspendu pour exercice illégal souligne que ce “recul”, si l’on tient compte du classement de Reporter Sans Frontières interpelle autant les dirigeants, les communautés mais surtout les journalistes Béninois.
Pour elle, il y a matière à s’interroger sur la responsabilité et l’engagement des professionnels des médias à défendre leur droit, à conserver leur espace de liberté.
“Je me demande si au Bénin, nous revendiquons en tant que médias, en tant que journaliste, le pouvoir que nous sommes”, s’interroge t-elle d’abord avant de poursuivre “ je me pose la question de savoir quel rôle joue les journalistes à conserver et défendre leur pouvoir, à être davantage crédibles, à œuvrer pour une presse davantage libre quand ils préfèrent être taiseux lorsque des médias sont suspendus. Si on sait déjà que la liberté de presse est menacée et que nous acteurs des médias au lieu de nous défendre et de nous battre ensemble , nous optons pour le silence ou l’indifférence par peur de représailles lorsque des médias sont suspendus, alors nous devenons aussi complices du recul de la liberté de la presse”.
Pesce Hounyo insiste et reconnait que, la menace du recul de la liberté de presse , la menace d’embrigadement de la liberté, d’encadrement rigide de la liberté reste permanente. Mais au delà d’accuser les pouvoirs publics, elle estime qu’il revient à toutes les différentes couches de la société et aux journalistes notamment, de défendre la liberté de la presse parce que « seule une presse libre peut sauver une nation » .
Et de conclure par un rappel “Le journalisme est un métier de combat et il faut revendiquer sa liberté (…)chaque génération crée son propre journalisme et se bat avec l’espace qu’elle arrive à conserver ou à gagner”.
Manassé AGBOSSAGA.

