Députés, maires, conseillers communaux, conseillers municipaux, candidats malheureux, militants, ils sont nombreux à devoir leurs positionnements, depuis 2019, à leur proximité avec Olivier Boko. Seulement voilà, la descente aux enfers de l’ex ami intime du président Patrice Talon risque, cette fois-ci, de plomber leurs participations aux législatives, communales et municipales de 2026.
Dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 septembre 2024, Olivier Boko est interpellé par la police. Plus tard, il sera condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour corruption d’agent public, complot contre la sureté de l’État et le paiement d’une amende de 4,5 milliards de F CFA.
Si l’ami intime du président Talon vit dès lors son supplice depuis la prison civile de Missérété, les élections législatives et communales de 2026 pourraient être le moment pour ses partisans d’en payer le prix au plan politique.
En effet, depuis 2019, date des premières élections organisées par le régime de la Rupture, c’est un secret de polichinelle que Olivier Boko a eu son mot à dire quant à la désignation des différents candidats dans la mouvance.
Conseillers municipaux, conseillers communaux, maires, députés ou même candidats malheureux, ils sont nombreux à devoir leurs postes ou leur participation aux élections à leur proximité ou leur excellent rapport avec l’ex-ami intime du chantre de la Rupture.
Faire à défaire
Mais puisque la vérité d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui, ce qui a fait ces derniers pourrait les défaire lors des prochaines joutes électorales.
Alors que la Commission électorale nationale autonome s’apprête à donner le top de l’enregistrement des déclarations de candidatures aux élections législatives et communales de 2026, ils sont nombreux qui pourraient ne pas voir leurs noms sur les listes de l’Union progressiste le renouveau ou du Bloc républicain.
Deux lots
Et parce qu’un kpakpato expérimenté ne tombe jamais dans le piège de la confusion, il convient de ne pas mettre tous les pro-Boko, actuellement, anxieux, dans le même panier.
En effet, il y a d’abord les partisans et sympathisants de Olivier Boko qui rêvaient de voir leur bienfaiteur occuper le fauteuil de son ami. A visage découvert, ils ont, sous la bannière du mouvement OB 26, parcouru quartiers, arrondissements, communes et départements pour susciter la candidature de Olivier Boko.
OB désormais locataire de la prison civile d’Akpro-Missérété en lieu et place du palais de la marina, les responsables, militants et sympathisants savent que leurs chances d’être candidats aux législatives et communales municipales sont presque inexistantes.
Les plus lucides l’ont compris très tôt et ont immédiatement endossé le costume d’opposant par défaut.
De l’autre côté, les élus, notamment conseillers municipaux, conseillers communaux, maires et députés qui ne se sont pas empressés d’apporter leur soutien à Olivier Boko pour la présidentielle de 2026, mais qui doivent leur poste à l’ex-bras droit du chantre de la Rupture. Si leur sort n’est pas totalement scellé, ils ont toutefois conscience que Patrice Talon ne prendra aucun risque.
Et là-dessus, il paraît évident de se demander quelle décision va prendre le chef de l’Etat à l’endroit des élus qui doivent beaucoup à Olivier Boko, et qui, peut-être, continuent d’être affectés par la condamnation de leur bienfaiteur ? En fin de mandat, le chantre de la Rupture va-t-il renforcer son ex-ami, devenu depuis septembre 2024 son bourreau ?
De l’autre côté, il faudra compter avec l’avis du candidat désigné par la mouvance. Quel sera le dernier mot de Romuald Wadagni à l’endroit des politiciens qui auraient préféré voir Olivier Boko, porte-étendard de la mouvance à la présidentielle ? Quel sera la décision finale du dauphin de Patrice Talon sur les positionnements des partisans de Olivier Boko ?
S’il est évident que seuls le président Talon et son dauphin détiennent les réponses, il est fort à parier que les deux hommes n’accorderont pas assez de crédit aux pro-Boko.
Manassé AGBOSSAGA

