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Corruption sexuelle au Bénin : SOS Civisme et Banouto lèvent le voile sur un fléau aux conséquences désastreuses

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Le consortium SOS civisme Bénin – Banouto a réalisé une étude sur la corruption sexuelle dans les communes d’Abomey-Calavi, Cotonou, Porto-Novo et Parakou. Le rapport de cette étude pionnière a été validé lors d’un atelier tenu les 9 et 10 juin 2026 à Bohicon.

OMNES

La corruption sexuelle, définie comme un abus d’autorité pour obtenir des faveurs sexuelles en échange de services ou d’avantages, n’est pas une vue de l’esprit au Bénin. Une étude démontre que ce fléau est une réalité bien ancrée dans les communes d’Abomey-Calavi, Cotonou, Parakou et Porto-Novo.

L’étude a été réalisée par le consortium SOS Civisme Bénin- Banouto dans le cadre du projet « Stop corruption, Stop VBG » mis en œuvre avec l’appui de l’Agence Française de Développement via Expertise France. Elle documente l’ampleur, les formes et les manifestations sectorielles du phénomène.

Le travail scientifique analyse les causes profondes et les obstacles à la dénonciation, à la prise en charge et à l’accès à la justice. Il fait des recommandations stratégiques, juridiques, institutionnelles et opérationnelles.

Un fléau invisible aux conséquences désastreuses

Le rapport de l’étude a été validé les 9 et 10 juin 2026 lors d’un atelier à Bohicon. Les résultats présentés à l’occasion révèlent que la corruption sexuelle s’exerce souvent dans le silence, dans les rapports de pouvoir et dans des contextes de vulnérabilité.

Ses conséquences sur les victimes, leurs familles et la société sont profondes. En plus de porter une atteinte profonde à la dignité humaine, la corruption sexuelle compromet l’égalité d’accès aux services publics, fragilise la confiance envers les institutions et entretient les inégalités de genre.

La corruption sexuelle, souligne Estelle Akpa-N’Kakou, directrice exécutive de SOS Civisme Bénin et représentante du consortium, « demeure l’une des formes les plus insidieuses de corruption ».

L’étude bouscule par ailleurs les idées reçues. Si les femmes demeurent les principales cibles, les hommes sont également touchés par cette réalité. Les résultats de l’étude mettent en exergue un phénomène largement sous-documentée en raison d’une culture du silence. Toute chose qui fait le lit de l’impunité des auteurs.

Les enquêtes de terrain menées dans les quatre communes mettent en lumière les leviers sur lesquels s’appuient les prédateurs. Le premier facteur identifié est l’exploitation systématique d’un rapport d’autorité qu’il soit hiérarchique, académique ou administratif. En cas de refus de la victime, celle-ci s’expose presque systématiquement à des mesures de rétorsion, des blocages administratifs ou des sanctions académiques.

Face à ces pressions, les victimes choisissent de se taire. La recherche apprend que ce mutisme massif s’explique par un trauma psychologique généralisé et des blocages, entre autres, sur les plans psychologique, social et matériel.

Les victimes, souligne l’étude, sont paralysées par des sentiments profonds de honte et de culpabilisation, s’attribuant parfois la responsabilité de l’agression. La peur de la stigmatisation et le poids du contrôle communautaire les dissuadent fortement de rendre l’affaire publique. Elles font face à des menaces directes de représailles et reçoivent fréquemment des conseils de silence de la part de leur entourage pour « éviter les problèmes ».

Appel à l’action collective

Les résultats de cette étude ont suscité de fortes réactions de la part des autorités présentes. Alexis Quenum, représentant du président du Conseil Économique et Social (CES), a salué un travail rigoureux et participatif.

« Il constitue un outil précieux pour mieux comprendre les réalités du terrain et orienter l’action publique en faveur de la protection des personnes vulnérables et de la promotion de la bonne gouvernance », a-t-il déclaré.

Convaincue que mieux combattre cette réalité, il était indispensable de bien la cerner, Yolande Fleury, représentante de l’Institut National de la Femme (INF), s’est réjouie de l’apport de cette étude qui vient combler un vide en terme de données sur ce phénomène.

La corruption sexuelle étant désormais saisie avec cette étude, il est nécessaire de passer à l’action. Pour une riposte efficace, le consortium SOS Civisme Bénin – Banouto lance un appel à la mobilisation générale, convaincu que seul il ne parviendra pas à bout de ce fléau.

S.E

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