« Au commencement était le verbe, et le verbe était auprès de Dieu, et le verbe était Dieu. »
Prologue de St Jean
Leadership archétypal
Fidésco, 5 ans d’âge, résidait dans un quartier populaire en périphérie de Cotonou. Dégourdi et créatif, il était le camarade de jeu le plus convoité de sa génération. Aventures et suspens étaient monnaie courante en sa compagnie. Il croyait en lui et les idées pleuvaient dans son esprit, aussi sensationnelles les unes que les autres. C’était déjà un meneur.
A la question de savoir comment il faisait pour dénicher des idées aussi palpitantes, il confia à ses camarades consommer du souffre.
Après cet aveu, une pénurie d’allumettes se déclencha dans les foyers et les mères furent les premières victimes retrouvant désormais des buchettes décapitées.
Inconsciemment Fidésco avait évoqué le symbole « feu » , caractéristique de son tempérament exubérant et vif.
Tellement sa mère enseignante, psycho-pédagogue très rigoureuse n’arrivait à contrôler cette incandescence qu’elle le soumit à davantage d’exercices intellectuels les week-ends sous sa surveillance stricte cependant le moindre tour en cuisine et le malicieux s’échappait. Les punitions, plus restrictives les unes que les autres, n’émoussaient l’ardeur du feu imperturbablement vif qu’il incarnait.
Autant la mère cherchait à le contenir, autant le père (passionné de culture générale) avec qui il aimait beaucoup échanger sur des multitudes de sujets s’avérait son meilleur pote. Souvent absent de par les exigences de son métier, Fidésco s’alignait sur son retour tardif pour atténuer ses punitions.
Dans ce tiraillement désavantageux pour son éducation, la sentence tomba.
A la rentrée suivante, Fidésco devait rejoindre une pension catholique à Ouidah, ville située à une cinquantaine de kilomètres vers l’ouest.

Leadership associatif
Fidésco découvrit à Ouidah une nouvelle réalité loin du cercle familial. Réalité à laquelle il s’adapta rapidement devenant aussi populaire qu’il l’était dans son quartier à Cotonou.
Après Ouidah, Parakou 300 km vers le nord accueillit le désormais collégien que son feu atypique ne quittait pour revenir au centre à Abomey (150 km) en classe de Terminale.
C’est à Abomey qu’il eût l’idée de fonder une association pour porter sa cause de revalorisation de la littérature négro-africaine.
L’association « Quartier latin » vit ainsi le jour avec des exposé-débats sur les thématiques et les auteurs de ce courant.
Cooptée par l’association des professeurs de français du Bénin (APFB) en admiration, « Quartier latin » en devint une association filleule et tenait dorénavant une place de choix au présidium de leurs activités.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’enfant meneur prit en grade de leadership.
Malheureusement ou heureusement il trébucha sur le baccalauréat cette année-là pour remporter l’année suivante le championnat national d’orthographe et de culture générale organisé par la Francophonie et l’ambassade de France.
Le sacre de son leadership associatif fut une étoile à son premier diplôme universitaire.
Polyglotte, il porta son choix sur les langues étrangères appliquées (Français-Anglais-Espagnol) mais dut se résigner pour absence à l’entretien du visa. Il décida cependant de partir en zone anglophone pour l’option Business Administration du label « ABE-UK ».
Leadership de service
Nanti de plusieurs parchemins universitaires de multiples cursus embrassés, Fidésco s’engagea à structurer son leadership via les clubs services (JCI et Rotary) pour prendre la tête de la Fondation du Patrimoine Social et ensuite du Cadre d’Outillage de la Jeunesse à l’Engagement et au Militantisme Citoyens (COJEM_Citoyens).
Candidat à la candidature pour la Présidentielle 2026, sa suggestion en faveur du Septennat unique développée à travers le panel COJEM_Citoyens en commémoration de la Journée Internationale de la Démocratie par le socio-anthropologue Dodji Amouzouvi, l’expert en gouvernance Joël Atayi Guèdègbé ainsi que l’auteure-politiste Wuldath Mama fut adoptée à la révision constitutionnelle 2025.
Fidésco, 35 années après l’enfant meneur, définit le leadership comme l’art royal en harmonie avec le feu intérieur dès l’enfance.
Adé Fidégnon