Joël Aïvo : 05 ans de détention jour pour jour !
15 avril 2021 ! L’un des plus brillants Constitutionnalistes du Bénin, d’Afrique et du monde, est arrêté au niveau du pont de Togoudo alors qu’il revenait de l’Université d’Abomey-Calavi. Joël Aïvo, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est ensuite gardé à vue, avant d’être condamné à 10 ans de prison par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
Triste date anniversaire ! Ce mercredi 15 avril 2026 marque la cinquième année de détention du militant politique, candidat à l’ élection présidentielle de 2021. Jeune et brillant professeur d’université, expert près les Nations unies, Joël Aïvo est arrêté au niveau du pont de Togoudo alors qu’il revenait de l’Université d’Abomey-Calavi.

En décembre 2021, il est finalement condamné à 10 ans de prison pour « atteinte à la sûreté et blanchiment de capitaux »par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Lors de son procès, le Constitutionnaliste avait lâché une phrase devenue célèbre : «Depuis huit (08) mois, l’État m’a abandonné et livré à mes adversaires politiques. Depuis huit (08) mois, je n’ai rencontré sur mon chemin de croix aucun serviteur de l’État soucieux de mes droits. Madame la Présidente, l’État m’a abandonné aux mains de mes accusateurs qui ont eu le loisir de faire de moi ce qu’ils ont voulu et parfois en violant les lois de la République. En huit (08) mois, on m’a affligé toute forme d’humiliation : Me voici en gilet de prisonnier devant vous. J’en ai en bleu barré jaune fluor et en bleu barré rouge fluor. Je suis présenté devant le Procureur Spécial, je suis présenté au Juge d’Instruction, puis enfin en session criminelle. Comme un criminel. J’ai connu la sirène hurlante de la Police et de la voiture des prisonniers. J’ai même connu les menottes, oui les menottes, car figurez-vous, que le Capitaine Rodrigue RIDAGBA, Régisseur de la Prison Civile de Cotonou m’a posé les menottes pour quelques minutes sur un trajet de moins de dix (10) mètres à l’intérieur de la prison avant de me les enlever une fois dans la voiture. Évidemment, chacun savoure le trophée qu’il tient en main. Madame la Présidente, j’ai dit que l’État m’a livré à la vengeance et à la punition de mes adversaires et que la justice ne s’est jamais préoccupée de mes droits. Au contraire. En prison j’ai connu l’insalubrité de ma cellule, l’indignité, l’humiliation de recevoir mon épouse debout et parfois sous la pluie. Depuis huit (08) mois, je n’ai jamais pu m’asseoir avec ma femme pour régler les problèmes de nos enfants. Cette maltraitance que je subis depuis huit (08) mois sans avoir rien fait à personne, c’est mon chemin de croix. Je porte ma croix depuis huit (08) mois et je serai prêt, si c’est votre décision, à reprendre ma croix et à la porter de nouveau avec dignité et patriotisme. … Mais, je voudrais que vous sachiez que la prison qui m’est infligée n’est pas ce que j’ai le plus redoutée dans ce parcours. Pendant deux ans, sur les routes du Bénin, à la rencontre des béninois, de ville en ville, de village en village, j’ai vécu avec l’idée d’être assassiné sans trace, car je savais que mes idées dérangeaient. Madame, Messieurs les juges, l’Éternel ne l’a pas ainsi décidé. Me voici donc vivant devant votre Cour. Je ne suis pas mort, je peux donc porter sur mes épaules une croix. »
Des appels pour sa libération restés vains
La condamnation de l’universitaire, auteur de la phrase fétiche : ‘’5 ans, c’est 5 ans’’, en réponse à la prorogation du mandat présidentiel de Patrice Talon de 45 jours, a suscité de vives réactions au plan national et à l’international. Boni Yayi, Me Robert Dossou, Simon Narcisse Tomèty, … l’Institut Thalès , l’Académie africaine de la pratique du droit international, l’Association française du droit constitutionnel et autres ont déploré le verdict de la Criet et exigé la libération de Joël Aïvo.
Toutefois, ces nombreux appels de personnalités politiques et organisations internationales sont restés infructueux alors que le régime du président Talon égrène ces derniers jours.
“Monsieur le Professeur, le Bénin vous rendra justice”
La détention de l’éminent Professeur affecte les Béninois, toutes tendances confondues. C’est du moins, ce qu’il faut retenir des propos de Barkatou Sabi Boun.à l’occasion d’une sortie en 2024 de Génération Aïvo, creuset acquis à la cause du Professeur,
“Professeur Joël Aïvo notre peuple vit dans sa chair votre détention comme un drame. Chaque famille du Bénin vit la souffrance de votre épouse et de vos deux enfants.Vos compatriotes tout bord politique confondu compatisse à votre épreuve. Ils sont nombreux ses béninois de la mouvance, comme de l’opposition du Bénin, comme de sa diaspora qui nous appelle, qui nous écrive, qui nous contacte pour prendre de vos nouvelles et pour demander de vous dire de tenir bon”; confiait la Déléguée générale de Génération Aïvo en juillet 2024.
Face à cela, Barkatou Sabi Boun soutient que le Bénin saura rendre l’ascenseur au Professeur Aîvo pour ces nombreuses années passées en prison, conséquence de son amour pour sa patrie. “ Le Bénin connaît la justesse de votre combat. Le Bénin profond connaît les qualités intrinsèques qui sont les vôtres. Monsieur le Professeur le Bénin vous rendra justice”, rassure t-elle.
L’avenir dira si la Déléguée générale de Génération Aïvo a vu juste.
Manassé AGBOSSAGA
C’est triste monsieur le professeur,du courage
Vraiment me faire beaucoup réfléchir car la politique n’est pas un jeux d’enfant, mais les manes de nos ancêtres du Bénin va le protéger. Mais j’ersorte la justice béninois d’envoyer un qu’un d’ouï sur lui en prison.