Quand l'anodin devient une information

Lutte contre les VBG au Bénin : SOS Civisme et Banouto sensibilisent les populations de Zinvié

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Le consortium SOS Civisme Bénin-Banouto a organisé, lundi 29 juin 2026, une séance d’information et de sensibilisation à Zinvié, dans la commune d’Abomey-Calavi. Objectif : vulgariser les mécanismes d’accompagnement des survivantes de Violences basées sur le genre (VBG) et briser la loi du silence autour de la corruption sexuelle.

OMNES

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Stop corruption, Stop VBG », le consortium SOS Civisme Bénin-Banouto poursuit son offensive sur le terrain. Lundi 29 juin 2026, une forte mobilisation a rassemblé diverses couches de la population de l’arrondissement de Zinvié, dans la commune d’Abomey-Calavi. Élus locaux, leaders religieux et traditionnels, artisans, commerçants et responsables d’ONG ont répondu présent pour s’informer sur les dispositifs de prise en charge des victimes de violences de genre.

Pour les autorités locales et sectorielles, cette rencontre touche un point névralgique du développement communautaire. Nestor Agon, représentant le Chef d’arrondissement de Zinvié, a d’emblée rappelé que les VBG ne constituent « ni une fatalité, ni une tradition à accepter ». « Il est de notre devoir collectif de les prévenir, de les dénoncer et d’accompagner les personnes qui en sont victimes », a-t-il martelé.

De son côté, la Directrice départementale des affaires sociales a salué l’initiative, soulignant que le silence – nourri par la peur, la stigmatisation ou l’ignorance – demeure le principal obstacle à la lutte contre la corruption sexuelle et la sextorsion. Elle a notamment mis en avant les efforts du ministère de tutelle, à travers l’organisation de dialogues communautaires et le déploiement des Guichets uniques de protection sociale (GUPS).

Un projet pour changer la donne

Présentant les contours du projet « Stop corruption, Stop VBG », la chargée du suivi et de l’évaluation, Adéyèmi Lalèyè, a précisé que cette initiative de 18 mois est portée conjointement par l’ONG SOS Civisme Bénin et le média Banouto, avec le soutien financier de l’Agence Française de Développement (AFD) via Expertise France. Le projet vise à réduire les VBG, à améliorer la protection des victimes et à renforcer le cadre légal béninois pour une prise en compte de la corruption sexuelle.

Martine Ribouis, personne-ressource du projet, a ensuite exposé les causes et conséquences de ces violences. S’exprimant en français et en fon, elle a alerté sur la recrudescence des violences psychologiques, économiques, physiques et sexuelles depuis 2020. Bien que les hommes n’en soient pas totalement épargnés, les femmes restent les principales victimes de ces abus, dont les conséquences vont jusqu’au suicide.

Des recours légaux et des numéros verts disponibles

Face à ces dérives, les structures étatiques rassurent. Léa Aplogan, point focal de l’Institut national de la femme (INF) au GUPS d’Akassato, et Vanessa Hounmènou, Chef GUPS, ont détaillé les mécanismes de prise en charge.

L’INF assure aux victimes une triple assistance : juridique, sanitaire et judiciaire, tout en rappelant la sévérité des peines de prison et des amendes encourues par les auteurs de VBG. Pour signaler tout abus, les populations ont été invitées à utiliser les lignes d’écoute gratuites : le 114 ou le 01.51.07.88.88.

La séance, fortement interactive, s’est soldée par des engagements fermes des participants à devenir des relais d’information au sein de leurs communautés. Une dynamique saluée par Modoukpè Oniodjè, chargée du genre et des affaires juridiques du projet.

Manassé AGBOSSAGA

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